LA FERME DES FOUILLETS

Travaux d’hiver: apprendre des arbres

Les arbres étant dans un état de repos, l’hiver est la meilleure période pour couper leurs branches malades, gênantes et tombées au sol. Cette activité, très physique, permet aussi d’observer l’histoire du végétal et d’étudier l’extraordinaire ingéniosité de ces êtres vivants. Nous passons tous devant des tas de bois sans prêter attention aux détails qui y sont inscrits. Regardons ensemble ce bois d’un peu plus près.

Il faut savoir que le bois d’un arbre n’a pas une structure pleine mais plutôt poreuse. Plus un arbre pousse vite, plus son bois possède des pores. Nous pourrions comparer un arbre qui pousse vite à une tour Eiffel possédant des poutres en métal de soutient plus éloignées les unes des autres, par rapport à un arbre qui pousse lentement qui lui aura des poutres en métal plus rapprochées.
Mais un même arbre, et c’est là l’ingéniosité de cet être vivant, est capable aussi de s’adapter et de faire varier la vitesse de sa croissance en fonction des contraintes comme sur la photo ci-dessous.


Remarquez que le cœur du bois de cette branche de chêne n’est pas au centre de la branche. Le cœur est désaxé. Que pouvons nous apprendre de cette observation? Cela nous apprend que la branche se trouvait sur l’arbre presque en position horizontale. Le poids de la branche exerçant une pression menaçant de l’arracher, l’arbre a renforcé la solidité du bois sous toute la partie de la branche se trouvant « côté sol ». Le bois est donc plus dense dans cette partie, raccourcissant les espaces entre les cernes et donnant cette apparence « désaxée ».

Ici, on voit bien le travail d’un insecte qui a commencé à manger le bois au cœur de cette branche. La sciure est le résultat de son œuvre. Il a trouvé là son logis et son garde-manger!

Ici, enfin, on voit que le bois semble plus foncé en dessous et possède des lignes noires qui forment un dessin. Alors?
Il s’agit sans le moindre doute d’une branche tombée sur un sol humide durant plusieurs mois. Le bois mort a adsorbé par ces pores l’eau contenu dans le sol, lui donnant une couleur plus foncée dans cette partie. Ce bois humidifié a permis ensuite aux champignons du sol d’étendre par croissance leur réseau de filaments dans le bois humide pour s’en nourrir. Ce sont ces champignons qui sont les dessinateurs de ces lignes noires. Les champignons sont capables, parfois, de dessiner de complexes et magnifiques « fresques » dans le bois.
J’aime regarder les détails de notre quotidien. Sachons nous émerveiller de ce qui nous entoure.